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Requiem pour un platane
« Parfois, un arbre humanise mieux un paysage que ne le ferait un homme. » ( Gilbert Cesbron )
« Municipal bonne idée » n’est jamais à court d’une destruction supplémentaire . Quand on voit le blog « Faîtes votre village » (le î ne s’invente pas), on a envie de leur dire « Défaites notre
village » ! Le brave Attila, chef des Huns, celui dont le cheval avait pouvoir d’empêcher que l’herbe ne repousse, fait des émules modernes !
Cet article est un cri du cœur, un raz-le-bol envers ces élus qui s’arrogent le droit de destruction irréfléchie, qui « minéralisent » notre village, le « boboïsent », veulent recréer la ville à
la campagne !
Photo 1 : La cantine et l’entrée de l’école élémentaire en juin 2011. Bâtiment solide, traditionnel, vouée aux bulldozers, bras armé de la politique locale ! On vous a expliqué, braves gens, que
mieux valait rebâtir que rénover. On a oublié de vous dire que l’incapacité récurrente à résoudre un problème d’écoulement d’eaux sous la cantine était une des raisons… On vous serine avec un
nouveau bâtiment « HQE » (sigle à la mode). Il respectera l’environnement, consommera moins, sera recouvert de panneaux solaires, etc, etc… Adhérez ou passez pour des fous rétrogrades ! Adhérez..
et payez, avec vos impôts !
Photo 2 : Les Attila modernes sont passés, août 2011. Gaspillage de matériaux, spectacle de désolation ! Mais on vous a laissé les arbres, enfin quelques-uns ! Par contre, on a sectionné les
conduites de gaz, celles qui permettaient de chauffer les bâtiments récents de l’élémentaire.
Photos 3 et 4 : Œuvre de destruction achevée : deux arbres, dont un magnifique platane au moins octogénaire, qui avait orné le parc de Ganymède, on été tronçonnés ! Petit rappel. Jusqu’en 1955,
il y avait là une magnifique demeure bourgeoise, le domaine de Ganymède. Répertorié à l’Inventaire Général du Patrimoine culturel de la Gironde (référence IA00025130), demeure du XIXème siècle.
Un peu le style des chartreuses du bord de la Garonne. Elle logeait le garde champêtre. Puis elle devint cantine avant d’être rasée pour construire l’horrible maternelle carton pâte (l’ancienne…
celle qui sera rasée bientôt, vous verrez !). Mais les platanes étaient là, et des espaces verts aussi.
Donc voilà. Quelques coups de tronçonneuse, en catimini. Le bois vite évacué. L’indignation de quelques « vieux ». Le coup de colère d’un citoyen qui en 32 ans de présence à l’école et 55 dans le
village, aura vu couper beaucoup plus d’arbres que de replantations ! Que « Municipal bonne idée » ne vienne pas, à coups de communication payée par nous via le bulletin municipal, se donner une
fibre écologiste !
En 1980, avec mes CM2 d’alors, lors d’une opération « A l’école de la Forêt », chacun de mes trente élèves a planté un arbrisseau offert par l’ONF. Il en reste … 4. Je suggère à nos écologistes
du bulldozer d’éradiquer ces vestiges (encore un gros mot, voir 1997) d’une époque où l’on faisait les choses simplement, où le Patrimoine et le Respect de la nature n’étaient pas que des mots
maniés comme des alibis pour masquer une transformation irrémédiable de « notre » Macau !
« Les arbres sont des vestiges d'une autre époque, des taches sur l'uniforme cendreux du ciment. » ( Marc Gendron)
Requiem pour un platane…
Jean-Pierre Lafon